Les différents régimes de retraite

Dans les régimes de retraite, il existe des régimes contributifs et non contributifs, par capitalisation, … que nous allons détailler ci-après.

Régimes contributifs et régimes non contributifs

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Et monsieur Guizot, qui n’était pas tendre, exprimait fort bien leur point de vue lorsqu’il expliquait que la pauvreté est à notre société ce que l’enfer est à la vie éternelle, autrement dit un salutaire moyen de dissuasion.

Par son fameux “enrichissez-vous”, il invitait donc aimablement les damnés de la terre à pénétrer dans le paradis des riches. On sait que la porte en est malheureusement fort étroite.

C’est pourquoi les pères socialistes prirent fermement le contre-pied en affirmant avec force : A chacun selon ses besoins.

Cette généreuse conception des choses pose cependant quelques problèmes qui n’ont pas encore été complètement résolus.

Les régimes de retraite pourrait, on le conçoit, puiser leur inspiration dans l’un ou l’autre de ces systèmes.

Pour nous exprimer dans le langage très particulier qui leur est propre, nous dirons que l’on peut imaginer des régimes contributifs et des régimes non contributifs.

Dans le cadre des premiers, le travailleur perçoit une retraite qui est fonction des efforts qu’il a déployés, directement ou par le truchement de son employeur, autrement dit de ses contributions passées.

Dans le cadre des seconds, la personne âgée reçoit une aide qui n’est fonction que de ses besoins présents.

Régimes par capitalisation et régimes par répartition

Que chacun doive contribuer à sa future retraite ne signifie pas nécessairement chacun pour soi.

Certes, il ne serait pas inconcevable que les régimes de retraite soient fondés sur ce principe tout à la fois égoïste et prudent.

Ils s’analyseraient alors comme une épargne plus ou moins forcée dont on pourrait recueillir les fruits, sous forme de rente viagère, après avoir abandonné son activité professionnelle ou atteint un certain âge.

La rente viagère

La rente viagère

De tels régimes sont concevables. Ils sont dits de capitalisation. C’est d’abord à eux que l’on a pensé lorsque furent créées les premières retraites contributives.

Cette solution n’est pas sans mérites. Elle est très motivante et met chacun en face de ses responsabilités. Elle présente toutefois deux inconvénients majeurs.

Le premier tient à la hausse des prix. Autrefois, nos ancêtres remplissaient leur bas de laine – à supposer qu’ils en aient eu un – avec de bonnes pièces d’or et d’argent.

Plusieurs années après, ils avaient des chances raisonnables d’y retrouver quelque chose. Aujourd’hui, c’est avec de “l’argent liquide” que l’on prétend remplir le même bas.

Quand on veut le presser, vingt ans plus tard, on n’est pas sûr d’en tirer quelques chose. Dans ces conditions, un système de capitalisation pure apparaît hasardeux.

Second inconvénient, la capitalisation constitue un système à retardement. Il produit ses effets en fonction des sommes mises de côté.

Il met donc pratiquement une génération à tourner “à plein régime”. Il ne permet pas d’apporter une aide à ceux qui ont commencé à cotiser sur le tard.

Pour trouver un système plus juste, moins vulnérable face à la dépréciation monétaire et, surtout, plus immédiat, on a donc imaginé autre chose.

C’est le chacun pour tous, encore appelé système de la répartition. Il constitue à organiser, avec plus ou moins de méthode et de bonheur, un transfert immédiat de ressources entre actifs et inactifs.

Ce système est juste, plein de qualités, mais on ne sait pas très bien où il mène, car il anticipe sur un avenir incertain par définition.

Régimes par points et régimes par annuités

Il existe deux manières de présenter le calcul. Elles sont parfaitement équivalentes, mais bien entendu distinctes au niveau des apparences, ce qui fait que l’on entend souvent dire qu’il existe deux types de régimes de retraite par répartition ; les retraites par points et les retraites par annuités.

Dans le premier système, la caisse attribue des sortes d’unités de compte appelées points en échange des cotisations, puis une retraite en échange des points.

L’opération s’effectue donc en deux temps.

L’attribution de points s’opère dans les conditions déterminées, par application d’un coefficient bien précis.

Chaque année, la caisse ou, plus généralement, la super-caisse décrète en effet une valeur d’acquisition du point, appelée souvent salaire de référence – expression qui faut d’autant plus sérieux qu’elle est artificielle et donc généralement mal comprise -, autrement dit, elle annonce que, pour acquérir un point, il faudra verser tant de francs.

C’est ainsi, par exemple, que si elle fixe le salaire de référence à 10 francs, une cotisation de 10  francs permettra de gagner 100 points de retraite.

Ces 100 points seront inscrits à un compte ouvert au non du cotisant.

Plus tard, quand celui-ci sera parvenu à l’âge de la retraite, il s’adressera à la caisse qu’il a alimenté antérieurement de ses versements et demandera sa part des cotisations qui seront alors récoltées.

On la lui accordera et on lui servira une pension ou retraite. Celle-ci sera fonction du nombre de points acquis.

Une pension ou retraite

Une pension ou retraite

On peut dire qu’il existe entre le système par capitalisation et le système par répartition une différence analogue à celle qui sépare le garde-manger du billet de banque.

On sait ce que l’on met dans un garde-manger. Les denrées accumulées peuvent être consommées quand on a faim, mais elles sont périssables.

Il faut donc leur accorder une surveillance constante, faute de laquelle on risque de les voir disparaître ou se gâter.

Le billet de banque n’est pas consommable en tant que tel et n’a donc pas de valeur intrinsèque.

Par contre, il permet d’aller au marché acheter des produits frais susceptibles d’être immédiatement utilisés. A supposer que le marché soit ravitaillé.

Régime universel et régimes particuliers

Connaissant les règles du jeu, il reste toujours deux questions importantes à résoudre avant de commencer à jouer : “combien sommes-nous à jouer” ? et “avec qui joue-t-on”?

En la matière, toutes les solutions sont évidemment possibles. On peut se réunir entre gens bonne compagnie au sein de sortes de sociétés de retraite mutuelles ; on peut imaginer que le futur retraité va devoir s’adresser à des sociétés spécialisées telles que les sociétés d’assurances ; on peut se grouper par professions, par tranches d’âge, par ville, village ou département.

Cette énumération n’est pas limitative, car tout est évidemment possible.

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