Le départ à la retraite

Cela étant, quand va donc sonner cette heure H ? On ne sait plus très bien où l’on en est à ce propos. Le départ à la retraite est un sujet intéressant.

L’âge de la retraite

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Il est difficile d’établir son compte à rebours de façon absolument sûre. C’est pourquoi, dans le doute, il n’est pas interdit d’avancer un peu sa montre.

L’âge normal de la retraite reste fixé en France à soixante-cinq ans. Cette règle comporte néanmoins de très nombreuses exceptions en attendant, peut-être de devenir à son tour exception, par rapport à un âge abaissé.

Nous avons vu quelle était la signification exacte de cet âge de la retraite. Attendre jusque-là ne constitue pas, à proprement parler, une obligation légale, mais s’impose néanmoins pour des raisons d’ordre financier.

Attendre plus longtemps est théoriquement possible. En pratique, le prolongement de l’activité professionnelle souhaité à postériori par de nombreux retraités, rencontre toute une série d’obstacles réglementaires ou psychologiques.

Le salarié âgé

Tout d’abord, l’employeur a le droit de se défaire d’un salarié arrivé à l’âge de la retraite, nous l’avons mentionné.

Autrement dit, il est possible de mettre à la porte celui qui se cramponnerait à son poste de travail.

A défaut, le salarié âgé ne recueillera pas forcément, aujourd’hui, l’approbation de ses collègues. En période de difficultés d’emploi, chacun est persuadé – souvent à tort – que les vieux prennent la place des plus jeunes.

Alors, la tentation est forte de pousser gentiment mais fermement les anciens vers la sortie.

Le salarié âgé

Le salarié âgé

Ces derniers n’ont d’ailleurs guère envie de résister. Ils ont trop soupiré dans l’attente de leur retraite, chaque fois qu’une difficulté ou une fatigue imprévues se présentaient pour ne pas considérer finalement le jour du départ à la retraite comme un jour béni.

C’est seulement après, faute souvent de s’être adapté, que l’on réalise la place que tenait le travail dans l’existence, ce travail eût-il alors été considéré comme fastidieux.

La retraite à la carte ou la retraite progressive

C’est d’ailleurs pourquoi il est probable qu’en réclamant à cor et à cri la retraite à soixante ans, les syndicats se trompent de revendication.

Tous les spécialistes sont pratiquement d’accord pour admettre que le départ brusque constitue une difficile rupture à un âge dont la principale caractéristique réside peut-être dans la difficulté que l’on éprouve à s’adapter.

Sans doute le désir de voir abaisser l’âge de la retraite s’explique-t-il par celui d’améliorer les conditions d’existence de tous, de faire place aux jeunes et d’entretenir le moral des troupes.

Cela étant, les mêmes objectifs seraient encore mieux atteints si les revendications portaient sur la retraite à la carte ou la retraite progressive.

Si la première formule était adoptée. Il serait possible de quitter son travail à un moment librement choisi entre un âge minimum et un âge maximum – ce qu’a d’ailleurs amorcé l’accord de “préretraite” de juin 1977 exposé plus loin.

La seconde – expérimentée par un petit nombre d’entreprises dynamiques – permettrait un départ progressif, des périodes de congé de plus en plus longues se succédant de plus en plus rapidement en fin de carrière jusqu’au “congé définitif” que les intéressés auraient ainsi abordé peu à peu.

Une amélioration des conditions de travail

Cela dit, ces problèmes, malheureusement posés en termes de tout ou rien, seraient sans aucun doute infiniment mieux résolus par une amélioration des conditions de travail.

A-t-on déjà vu des médecins, des chirurgiens-dentistes, des architectes ou des avocats descendre dans la rue pour réclamer la retraite à soixante ans ?

La retraite à soixante-ans

La retraite à soixante-ans

Certes non, et pourquoi ? Tout simplement parce que leur métier les passionne et qu’ils ont, le plus souvent, suffisamment bien gagné leur vie et géré leurs affaires pour pouvoir “dételer” progressivement.

Hélas, en France on croit aplanir les difficultés en édictant de nouveaux règlements qui n’aboutissent qu’à canaliser un peu plus étroitement l’initiative et la liberté individuelles, lesquelles survivent difficilement à ce genre de traitement.

Quoi qu’il en soit, cette règle comporte de nombreuses exceptions dont les principales ont été mentionnées.

Ces cas exceptés, il n’est généralement possible de partir avant soixante-cinq ans qu’en acceptant une minoration de ses droits.

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